CHRONIQUE. Ancien président d’une association pour la défense de la faune sauvage, le scientifique ne veut pas être catalogué comme un « anti-chasse ».

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Les récentes prises de position de certaines personnalités du monde cynégétique m’incitent à utiliser la faculté dont, comme tout un chacun, je dispose, celle de la liberté d’expression.

Afin d’aider à mieux cerner mes positions sur la chasse, il n’est sans doute pas inutile de rappeler qu’au début de ce siècle, je fus sollicité pour prendre la présidence du Rassemblement des opposants à la chasse, le ROC. Non-chasseur, mais pas anti-chasse, aimant faune et flore sauvages, désireux de défendre mes aspirations, mon acceptation fut donc conditionnée au retrait de cet acronyme resté dans la mémoire de certains chasseurs. Je devins donc président de l’association pour la défense de la faune sauvage et des non-chasseurs qui est ensuite devenue « Humanité et biodiversité ».

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Maintenant devenu président d’honneur, la présidence étant exercée par le scientifique Bernard Chevassus-au-Louis, homme de dialogue s’il en est, je souscris au « Oui à la chasse » que l’association affirme, en l’assortissant de conditions :

– 1) Elle doit être compatible avec l’état de conservation des espèces et des habitats.

– 2) Elle doit se pratiquer sans souffrances pour l’animal chassé – et les chiens !

– 3) Elle doit se faire dans le respect des autres usagers de la nature.

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D’autres activités contribuent gravement à la perte de biodiversité

Officiellement, il existe une instance d’expertise dénommée Comité d’experts sur la gestion adaptative, qui fournit au ministre chargé de la chasse des recommandations en termes de prélèvements des espèces à partir des données, études et recherches portant sur ces espèces et leurs habitats. Excellente chose !

D’autres activités contribuent gravement à la perte de biodiversité, suscitant, par exemple, un virulent courant anti-agriculture « chimique ». Tout comme jadis j’ai tenu à ne pas être catalogué « anti-chasse », je ne puis m’inscrire dans une opposition au monde agricole qui résulte de décisions politiques successives et qui a besoin de notre solidarité pour modifier ses méthodes. Il en est de même pour toute activité humaine dommageable pour notre avenir.

Il n’est pas toujours facile de s’écouter et de se comprendre, s’y essayer est un acte citoyen. Quel que soit le domaine d’activité, des humains se responsabilisent. Des pionniers en quelque sorte. Pareille disposition d’esprit est caractéristique de notre espèce. Oui à tous ceux qui ne veulent pas perdre le temps en polémiques venimeuses et préconisent toute entente cordiale pour régler les antagonismes. Il est urgent de nous humaniser pour nous retrouver tous unis pour la biodiversité.

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