Durant des générations d’acteurs ruraux et de chasseurs et des milliers d’années, pour en arriver à un passé récent (celui de nos pères), la chasse s’exprimait dans une totale liberté comme beaucoup de loisirs et de passions doivent être vécus, avec un encadrement réglementaire certes nécessaire mais simplifié et compréhensible !

Le gibier et la vie sauvage abondaient. Les milieux naturels et non perturbés s’offraient à nos yeux (regard nostalgique de fils d’agriculteur). L’agriculture moderne était encore inexistante et non dégradante. La consommation des produits naturels se faisait par simple cueillette.

Puis en quelques décennies, problèmes sanitaires, chimie ultra-polluante, modernisme agricole hyper-performant etc. firent basculer ce bel équilibre naturel en frappant tous les milieux (plaine, forêt, ruisseaux, milieux humides ) avec toutes les conséquences négatives sur la disparition  de nombreuses espèces gibiers durement agressées par tous ces impacts rapides, violents et irréversibles.

Face à ce constat malheureusement bien réel qui frappe nombre d’espèces sédentaires (perdrix faisan, lièvre, lapin) qui déclinent à vue d’œil sans remède technique et scientifique efficace, toute une panoplie de textes réglementaires vinrent tenter d’apporter des solutions bien aléatoires et surtout inefficaces !

Exception faite des plans de chasse visant nos grands mammifères ongulés, qui eux, eurent un effet positif sur le maintien et la développement spectaculaire des populations durant ces quarante dernières années.

Que faire et comment réagir face à un tel constat de désolation et une chute si rapide et vertigineuse des populations d’espèces sauvages ?

Mise en place de quotas, limitations des périodes de chasse, jours de chasse, création de réserves, aménagements de substitution nombreux et divers avec malheureusement aucun ou très peu d’effet de toutes ces mesures face à une dégradation évidente et violente de tous nos milieux d’enfance et ruraux (machinisme, drainage incontrôlé, arrachage anarchique du bocage, broyage…)

Venant se rajouter à cette regrettable liste, les méthodes culturales qui anéantissent toute présence et pérennité d’espèces, avec ces immenses parcelles de monoculture en remplacement de cette superbe mosaïque agricole qu’offraient les campagnes de notre jeunesse (topinambours, vigne, patates, betteraves, luzerne etc) et surtout l’impact du machinisme ultra moderne et sa vitesse d’utilisation ultra dévastatrice.

Le chasseur-cueilleur que nos pères et nous-mêmes furent dans notre jeunesse devra laisser place au « gestionnaire » qui rentre chez lui après  avoir réalisé ses quotas autorisés (s’ils le sont ?). C’est ainsi que notre avenir  s’annonce avec cette gestion adaptative tant vantée et parait-il remarquablement réfléchie et préparée, ciblant pour l’instant les espèces migratrices mais qui viendra très vite pour toutes les espèces.

Alors oui, c’est irréfutable et inévitable, le monde de la chasse deviendra acteur et exemplaire dans la gestion des espèces et la régulation de ces dernières. Mais attention aux dérives dans la préparation même et la mise en application de ces quotas à prélever !

Trop d’espèces protégées aujourd’hui  nous démontrent qu’elles peuvent rapidement devenir invasives ou envahissantes et sujet à déséquilibre par le refus de nos législateurs à ne pas vouloir réviser le statut de protection intégrale de ces dernières, en les reclassant simplement chassables lorsque nécessaire.

Une nouvelle ère de la chasse et de ses pratiques s’ouvre.

Plaira-t-elle aux générations à venir de chasseurs ? Difficile de le dire.

Devrons nous accepter la fatalité de quotas mal préparés et infondés face aux réalités de terrain ? Impossible de le deviner.

Que deviendra la chasse et toute son expression de liberté dans la « billebaude » dans un tel contexte de réglementation et de mesures erronées car préparées dans un élan ultra-protectionniste ?

On ne sait pas si elle résistera.  Partisan personnellement de quotas jusqu’alors réalisés par respect du gibier et par éducation cynégétique, il sera difficile pour beaucoup d’entre nous d’accepter des mesures de non sens, si tel est le cas, bien sûr !

Préparons nous à ces éventualités, faute de choix et positionnons nous comme de véritables gestionnaires. Soyons vigilants et attentifs tout en restant si possible acteurs d’importance dans es futurs débats qui, pour moi, peuvent s’annoncer « douloureux » et aventureux voir-même dangereux  pour l’avenir de notre passion, sauf si cela se prépare, pourquoi pas, dans la sagesse, le respect de tous et surtout la concertation de véritables acteurs de terrain tels que nos représentants.

Pensons et agissons pour les générations à venir dans un monde où la tolérance est malheureusement, elle aussi, en voie de disparition !

Gilles PERROT

ADB 71

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