Il ne s’agit pas de relancer le tourisme mais de “permettre aux gens de pouvoir se ressourcer”, défend un guide de haute-montagne qui a initié la pétition avec un médecin. Il rappelle que tout le monde n’est pas logé à la même enseigne et que ce confinement renforce les inégalités sociales.

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“Nous demandons à ce que le Premier ministre annonce, ce jeudi soir, la modification du décret pour faire évoluer cette règle ‘d’1 heure-1 km’ qui est dépourvue de logique sanitaire et qui est même contreproductive”, a indiqué jeudi 12 novembre sur franceinfo Billy Fernandez, guide de montagne dans les Hautes-Alpes et initiateur de la pétition pour un accès à la nature pendant le confinement. Une pétition lancée avec un médecin et qui a déjà été signée par près de 200 000 Français, alors que le Premier ministre Jean Castex doit s’exprimer à 18 heures pour faire des annonces sur les règles sanitaires, 15 jours après le lancement du second confinement.

franceinfo : Ce que vous demandez, c’est de faire tomber cette fameuse règle du 1 km autour de chez soi ?

Billy Fernandez : Nous demandons à ce que le Premier ministre annonce ce jeudi soir la modification du décret pour faire évoluer cette règle “d’1 heure – 1 km” qui est dépourvue de logique sanitaire et qui est même contreproductive. Aujourd’hui, on a des données scientifiques solides sur les effets délétères d’un confinement sans accès à la nature, que ce soit sur l’augmentation des addictions, la consommation d’alcool, de tabac, les violences, l’augmentation de la sédentarité et des pathologies associées : diabète, obésité, hypertension… Qui sont aussi des facteurs de risque d’ailleurs pour le Covid-19.

On voit que ce confinement sans accès à la nature est clairement néfaste pour notre santé alors que dans le même temps, on sait que pratiquer des activités en pleine nature ne présente pas de risque sanitaire.

Billy Fernandez, guide de montagne à franceinfo

Aucun cluster n’a été recensé par Santé publique France en extérieur. Nous n’avons aucun cas documenté de contamination par des pratiquants de sports de nature. C’est même l’inverse, puisque on a des bénéfices qui sont clairement démontrés sur notre santé physique et mentale, notamment au plan immunitaire, en faisant baisser le stress et l’anxiété.

Au vu du contexte sanitaire – et comme le second confinement est déjà moins strict que le premier – vous pensez vraiment qu’il faut davantage relâcher la bride ?

On sait très bien qu’il y a des gens qui ne font pas preuve de civisme, qui ne respectent pas les gestes barrières ou les règles de confinement etc. Mais ceux qui ne le feraient pas dans la nature ne le font pas déjà dans le cadre des règles telles qu’elles sont édictées actuellement. Et, à comportement équivalent, le risque est en fait bien moindre de se transmettre le virus en extérieur puisqu’on a plus d’espace et qu’on a un brassage d’air.

La règle actuelle conduit à concentrer les personnes sur les trottoirs des villes et des villages plutôt que de permettre leur dispersion dans la nature.

On parle des espaces naturels de manière générale [y compris des plages] mais je précise qu’on ne demande pas que la règle soit supprimée, on demande qu’elle évolue pour retrouver une pertinence sanitaire. On ne demande pas non plus la réouverture des activités à risque qui seraient susceptibles de venir surcharger les hôpitaux.

Donc pas de retour du tourisme ni des activités touristiques, mais une règle plus large. On parle d’un rayon de combien de kilomètres selon vous ?

Ce serait un élargissement du rayon : on a des propositions à 5, 10, 20 km mais on ne se prononce pas, on estime que c’est aux autorités de définir ce qui est le plus pertinent. En tout cas, il ne s’agit effectivement pas de relancer le tourisme et les flux touristiques, mais simplement de permettre aux gens de pouvoir se ressourcer, prendre une bouffée d’air dans la nature et de rendre le confinement le plus supportable possible. Le conseil scientifique nous indique que quoiqu’il arrive, la situation restera extrêmement difficile pendant de nombreux mois, si on arrive à aménager des respirations pour les gens, en particulier dans la nature, c’est aussi à cette condition qu’on pourra limiter le relâchement dans les zones à fort risque de contamination, notamment les espaces clos.

Cette pétition, vous l’aviez déjà lancée en avril dernier, sans succès. Comment convaincre cette fois le gouvernement d’écouter ?

Je crois que les gens commencent vraiment à ne plus supporter un confinement qui apparaît pour beaucoup injuste, incohérent, voire punitif. Et donc, on sent qu’il y a une baisse d’acceptation sociale du confinement. De plus, le confinement a un effet important sur les inégalités puisqu’on n’est pas tous confinés de la même manière : maison de campagne, appartement, studio sans accès à l’extérieur, etc. C’est très différent et donc on a besoin de conserver une acceptation sociale forte pour ces règles. Et ça passe par des règles cohérentes puisque – je le répète – sur le plan sanitaire, rien n’empêche d’aller dans la nature et c’est même le contraire.

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