Un article SUD OUEST

Par Jean-Michel Desplos

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Le Conseil d’État vient d’annuler les arrêtés autorisant les chasses traditionnelles et notamment celle des filets et matoles aux alouettes. Les chasseurs redoutent de devoir abandonner ces techniques ancestrales

La Ligue de protection des oiseaux (LPO) et l’association One Voice viennent de remporter une nouvelle bataille dans le contentieux mené face au monde de la chasse. En fin de semaine dernière, le Conseil d’État a annulé les arrêtés ministériels de ces trois dernières saisons qui autorisaient la chasse de l’alouette avec des filets horizontaux (pantes) et des matoles (cages) dans les départements de la Gironde, des Landes, du Lot-et-Garonne et des Pyrénées-Atlantiques. Un véritable coup de massue pour les chasseurs de ces départements. « C’est une décision terrible pour tous nos anciens, passionnés par ces pratiques ancestrales », fulmine Régis Hargues, directeur de la Fédération des chasseurs des Landes.

L’alouette des champs fait partie des espèces présentant un intérêt cynégétique majeur dans le Sud-Ouest. Dans les quatre départements concernés, une dérogation aux engins, en vertu de la Directive européenne oiseaux permet d’utiliser des pantes ainsi que des matoles selon des quotas ne devant pas excéder 1 % maximum de la mortalité naturelle de la population concernée. En Gironde, ces derniers étaient de 38 600 oiseaux en 2019-2020 pour 2 662 pantes recensées. Les prélèvements sur cette même période ont été de 36 104 oiseaux.

Des prélèvements sélectifs

« Tout cela est strictement contrôlé et encadré de sorte qu’il n’y a aucun impact sur la dynamique de la population de l’alouette des champs », arguent d’une seule et même voix les présidents des Fédérations de chasseurs concernées, Henri Sabarot Gironde), Jean-Roland Barrère (Landes), Philippe Etcheveste (Pyrénées-Atlantiques) et Michel Auroux (Lot-et-Garonne).

L’alouette fait partie des espèces visées par la décision du Conseil d’État.
L’alouette fait partie des espèces visées par la décision du Conseil d’État.

Photo Laurent Theillet

Permettre aux chasseurs de pratiquer et perpétuer un art de vivre à la campagne »

Face à eux, la LPO avance d’autres arguments et estime « que le piégeage en question concerne des espèces en mauvais état de conservation ou en fort déclin » et exige désormais « d’abolir ces pratiques d’un autre âge ». Le Conseil d’État, dans sa décision, constate que « les autorisations ministérielles en cause, d’une part, ne sont pas dûment motivées et, d’autre part, que le ministre n’a pas été en mesure d’établir que ces méthodes de chasse, certes traditionnelles, sont les seules permettant de procéder à la capture des alouettes des champs ».  « Les prélèvements sont sélectifs. Comment expliquer alors qu’il faudrait désormais plutôt utiliser un fusil que le maniement délicat et complexe des filets ? », interrogent les présidents des fédérations de chasse.

Tradition et passion

Les présidents des fédérations de chasse de notre région en appellent à la ministre pour que les futurs arrêtés soient signés rapidement « afin de permettre aux nombreux chasseurs souvent âgés de pratiquer et perpétuer un art de vivre à la campagne ». « Pour nous, les chasses traditionnelles sont l’essence même de la passion de la chasse, rappelle Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs.  Car, après l’alouette, les chasseurs du Sud-Ouest sont inquiets pour la chasse traditionnelle de la palombe au filet. « S’il le faut, on descendra dans la rue », dit un paloumayre landais. Les chasseurs sont entrés en résistance.

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