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Celle des villes qui parle de vélo, de code de la rue, d’agriculture biologique, de bus, de tramway, de LGV. Qui parle de champs d’éoliennes, de panneaux photovoltaïque sur des hectares, de trame verte, de trame bleue…oui…mais ailleurs…

Et celle des champs qui parle de services de proximité, de transport collectif, de covoiturage, de TER. Qui parle de pesticide, d’agriculture, de biodiversité, de chasse et de pêche.

Et bien, non, pour moi une seule écologie, celle du bon sens, de la solidarité et du dialogue.

Il y a quelques années, dans mon hameau pyrénéen, quand quelqu’un descendait au village, il demandait à ses voisins « vous n’avez besoin de rien ?». Et de ramener à qui un litre d’huile, à qui un kilo de sucre (et bien souvent un paquet de tabac bleu à mon père).

Nous réduisons nos émissions de CO2, et comme Monsieur Jourdain, nous étions des éco citoyens sans le savoir.

Et parfois même nous profitions de l’occasion pour aller au village avec lui. Nous faisions déjà du covoiturage.

Dans nos jardins potagers, pas de pesticide, pas d’engrais, uniquement le fumier des moutons et quelques recettes miracle comme le purin d’ortie pour traiter les plants de tomates.

Nous pratiquions déjà une agriculture bio, raisonnée.

Très peu de déchets ; par souci d’économie, nos grands-mères étaient passées maitre dans l’art d’accommoder les restes ; la volaille se chargeait du restant et dans un coin du jardin nous faisions déjà du compost.

Le facteur, fréquemment, apportait les médicaments qui avaient été commandés au pharmacien. Je suis persuadé qu’une loi européenne lui interdit ,de nos jours, une telle initiative !

Un point noir, toutefois, que mon honnêteté m’oblige à signaler : nous avions quelques vaches et nous avons donc, malheureusement, contribué au trou de la couche d’ozone…

Aujourd’hui, ce magnifique hameau est devenu un lieu très prisé. Les sept maisons ont été rénovées.

Toutes sont des résidences secondaires.

Les 4x4 espagnols y ont remplacé les mobylettes des bergers.

Nos prairies se sont muées en pelouse, véritables golfs, arrosés à l’année quotidiennement pour le plaisir de 3 semaines de congés d’été bien méritées...

Les tondeuses autoportées ont succédé aux attelages de bœufs.

Les chaudières au fuel, déclenchées à distance, ont supplanté les cheminées.

Nous avons, pour les déchets, deux magnifiques containers, qui sont collectés 2 fois par semaine.

Dés qu’il tombe quelques centimètres de neige, un coup de téléphone, et le chasse neige communal intervient.

Et mon voisin qui me dit régulièrement « Bonjour »… d’un signe de la tête…

Non, je n’ai pas 80 ans. J’ai 56 ans et le changement que je viens de décrire s’étale sur 40 ans !

Les 46 000 hectares de ce massif pyrénéen ont été classés en zone Natura 2000 pour protéger une chauve souris (qui vit dans les greniers !!), un lichen et une plante très, très rare que même les spécialistes ont du mal à retrouver, au bord du torrent.

Mais surtout pour permettre à la France, en 2006, d’atteindre la superficie fixée par l’Europe et d’éviter ainsi une amende de 130 000 €/jour.

L’agriculture qui subsiste est menacée. Car jugé perturbant, l’élevage de montagne pourra être limité, restreint ou proscrit.

Paradoxalement, les TGV qui vont traverser à plus de 300 km/h le Parc Naturel des Landes de Gascogne, classé Natura 2000, ne sont pas considérés comme perturbants !

Je n’ose même parler de la chasse, de la pêche.

Je veux faire connaitre à mon petit fils, l’intense émotion de l’approche d’un isard, en silence, en rampant, en retenant son souffle et lui faire apprécier cet instant magique qui n’appartient qu’à celui qui l’a vécu.

Et non pas dans le salon, devant son ordinateur, regardant un ours slovène par le biais d’une webcam placée je ne sais ou dans cette montagne où il lui est interdit de se promener.

Serons-nous exclus de ce territoire que nous avons toujours partagé, entretenu et que nous avons pris plaisir à faire découvrir et aimer à tous ceux qui le souhaitaient?

Sur l’autre versant, on projette d’agrandir la station de ski, de tripler le nombre de canons à neige, dévoreurs et pollueurs d’eau.

On envisage même la création d’un golf. Mais là, c’est pour le développement économique et pour favoriser le tourisme vert.

Ne voyez dans mes propos aucun jugement, seulement des constatations.

Impossible d’être un vertueux écologique à 100%, à moins de ne plus bouger, de ne plus rien faire. Et encore notre respiration pourrait être suspectée !

Non je le répète :

Une seule écologie, celle de la prise de conscience, du bon sens, de la solidarité et du dialogue.

Aujourd’hui nous ne pouvons plus dire « nous ne sommes pas au courant ».

Il nous faut admettre que parfois notre choix pour l’Environnement puisse être celui du « moins pire » ou plutôt du « juste équilibre».

Et toujours se rappeler :

« Penser Global, Dialoguer et Agir Local »


Vincent Graule


Ecologie des Villes et Ecologie des Champs, Y aurait-il deux écologies ?