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Un géant s’en est allé….

« Je m’en fous de la politique, ce qui m’importe c’est la préservation des oiseaux pour éviter les massacres et tant pis si certains ne sont pas contents, ils devraient comprendre l’intérêt supérieur de l’espèce pour ouvrir une réflexion.. »


Le Dr Jean Louis Boyer nous a quittés, quelques jours avant Noël… Brutalement, alors que personne ne s’y attendait, dans sa soixante quatorzième année.

La nouvelle a provoqué chez tous ceux qui le connaissaient une onde de choc à la mesure de la trace qui laissera dans nos esprits, nos vies et nos coeurs. Un homme certainement exceptionnel, différent. Un combattant qui ne se laissait dicter par personne ses choix, ses opinions et ses actions.

Envers et contre tous, il assumait ses décisions avec courage et force.

Jean Louis Boyer c’était aussi la classe, celle des très grands, l’élégance, l’ardeur et surtout une fidélité dans l’amitié qui le poussait à s’engager jusqu’au bout, lorsque ses proches étaient dans la difficulté. Son brillant parcours de chirurgien avait probablement aiguisé son sens de l’écoute, parfois Jean -Louis vous observait alors que vous pensiez qu’il vous regardait seulement. Il n’en était rien, sa faculté à cerner votre personnalité était particulièrement développée. J’ai eu la chance de compter parmi ceux qui l’ont côtoyé régulièrement durant 14 années.

A chaque fois que j’ai eu besoin de ses conseils, de son aide, ou plus simplement de son amitié il a été là, présent, attentif et chaleureux.

Que dire également de sa carrière cynégétique impressionnante bâtie à la mesure de ses compétences, de sa formidable passion pour la chasse à la bécasse.

Président de la fédération des chasseurs du Tarn dix années durant, ancien membre correspondant du Conseil International de la Chasse et de la Conservation du Gibier, conseiller régional CPNT Midi- Pyrénées élu en 1998, président du Club National des Bécassiers, pionniers du rassemblement de Bécassiers de France, auteurs de plusieurs ouvrages remarquables sur la chasse de scolopax dont : Une Saison de Chasse à la Bécasse (1989) Propos sur la bécasse(1990) Le temps des bécasses(1991)Le chant des campanes(1992)Difficiles mordorées (1993) .

Il m’avait confié qu’un nouveau livre était en préparation : Les plumes rousses du temps jadis….

Son bilan dans le microcosme bécassier et le monde cynégétique le propulse au statut de géant pour laisser une empreinte indélébile au bénéfice de notre passion. Rappelons que ce fut le premier en France, en sa qualité de Président fédéral, à demander puis obtenir la suspension de la chasse à la bécasse dans le Tarn lors de la terrible vague de froid de 2002 envers et contre toutes les manoeuvres politiques et autres arrangements discrets.

« Je m’en fous de la politique, ce qui m’importe c’est la préservation des oiseaux pour éviter les massacres et tant pis si certains ne sont pas contents, ils devraient comprendre l’intérêt supérieur de l’espèce pour ouvrir une réflexion.. » ses paroles résonnent encore à mes oreilles comme ses interventions durant  lesquelles les choses, mêmes désagréables, étaient dites sans ménagement pour l’interlocuteur lequel, cloué sur place, constatait l’ampleur du personnage …

Jean Louis Boyer c’était aussi des capacités intellectuelles exceptionnelles comme en témoigne son hallucinant parcours d’initiation au monde de l’informatique.

En deux semaines, il intégra la pratique de l’ordinateur et moins d’un mois plus tard il était devenu un spécialiste reconnu du montage vidéo, passion qui le conduisait des heures durant à assembler des centaines de films, sur un logiciel exclusivement à usage professionnel, retraçant ses innombrables voyages autour du monde en compagnie de son épouse, sur les cinq continents.

Il ne manquait d’ailleurs jamais une occasion de me saluer d’une carte postale avec un bon mot où le lien cynégétique était aussi subtil qu’élégant.

Qu’on le veuille ou non, Jean -Louis Boyer restera dans nos mémoires.

Aujourd’hui, ce 14 décembre 2009, alors qu’il rejoint sa dernière demeure, j’ai le sentiment terrible qu’une partie de moi s’en va avec lui.

J’ai perdu bien plus qu’un ami….son « salut Christophe !» devenu rituel téléphonique me manque déjà terriblement…Les chasses éternelles sont désormais arpentées d’un nouvel arrivant, le chant d’une campane bat inlassablement les étendues boisées…

Nul doute que tout là haut, il percera certains mystères pour lesquels il était avide de curiosité.

Jean -Louis Boyer c’était aussi cela ; une quête permanente du savoir et de la connaissance ; d’ailleurs savait-il certaines choses que nous devions ignorer ?

Mes pensées vont à Madou, son épouse, ses enfants et petits- enfants. Il y aura toujours dans mon esprit et dans mon coeur une partie de Jean Louis Boyer qui me rappellera une époque de ma vie, de ces années passées avec lui et rien ne s’effacera jamais, je le sais….

Ce qui me liait à lui est bien plus fort que les assauts du temps.



Christophe SEMONT,

Monthieux, ce 14 décembre 2009

Le docteur Jean-Louis Boyer, chirurgien, qui fut ancien chef de clinique chirurgicale à la faculté de médecine de Toulouse en 1966, chef de service au centre hospitalier d'Albi entre 1973 et 1995, s'est éteint , à l'âge de 74 ans.


Il fut aussi maire-adjoint d'Albi, chargé du tourisme de 1983 à 1995. Sa carrière politique ne s'arrête pas là. Il fut aussi conseiller régional de Midi-Pyrénées en 1998. Sa grande passion était la chasse.Il sera surtout un président connu et apprécié de la Fédération de chasse du Tarn entre 1994 et 2003