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Rapport Moral BDF 2013 JP Senmartin

Ce congrès marque une date importante dans la vie de "Bécassiers de France" et fait d'un hasard qui ne m'est pas désagréable, c'est en Bigorre que cet important congrès a lieu. Car après douze ans d'existence notre association, que  certains condamnaient à priori, a pris sa place dans le panel cynégétique, s'est structurée et, signe d'une grande stabilité, notre président qui cède aujourd'hui sa place a assuré rien moins que quatre mandats à la tête de BdF. Deux temps forts, entre autres, ont  jalonné cette période, le premier fut l'adoption d'un PMA avec carnet de prélèvement en tout point conforme aux souhaits que nous avions émis dès la création de notre association et que nous avons défendu ardemment jusqu'à sa mise en place effective et générale. Le deuxième fut la reconnaissance de notre engagement pour la protection de la nature, concrétisé par l'agrément que nous a décerné le ministère au titre de l'environnement, projet auquel beaucoup d'entre nous ont contribué et dont la présentation et le suivi réalisés par Michel Navette se sont avérés décisifs. Nous pensons donc que "Bécassiers de France" peut être légitimement fière du travail accompli et du chemin parcouru en, somme toute, peu de temps.

Bien sûr nous n'en resterons pas là, car d'autres défis nous attendent à différents niveaux. A cet égard il faut noter que notre organisation régionale et départementale est un atout et un gage de souplesse et de réactivité pour nos actions futures comme elles l'ont été par le passé. Nous sommes tous très attachés à cette particularité d'une structure décentralisée qui nous rend plus proche de nos adhérents. C'est un aspect important de notre fonctionnement qu'il faut souligner car il est essentiel et original. C'est lors des assemblées générales des associations, des réunions de bureau, des rencontres informelles, que s'expriment les souhaits de chacun, que se dégagent les informations qui sont ensuite remontées et discutées lors des conseils d'administration de BdF. Chez nous, les orientations ne se décident pas au sommet de la pyramide mais sont l'émanation de la base, c'est-à-dire des adhérents.

"Bécassiers de France" n'étant pas le siège de la pensée unique, il n'est pas toujours facile de satisfaire des avis divergents, venant de contrées aux vécus, aux biotopes, et aux fortunes bécassières souvent très diverses, chaque département, chaque région, pouvant réagir selon sa sensibilité, ses contraintes et ses particularités locales. Mais ce fonctionnement respectueux de chacun a aussi ses limites et c'est le rôle de "Bécassiers de France" association nationale, d'harmoniser ces points de vue dans un compromis acceptable par tous. Je dis bien un compromis, donc par définition un point milieu dans lequel chacun devra faire l'effort de se retrouver, c’est l’unique voie pour un fonctionnement consensuel et cohérent de notre association.

Cet esprit d'écoute se retrouve tout naturellement lors des nombreux contacts que nous avons  avec telle association ou syndicat de chasseurs, tel organisme ou institution. "Bécassiers de France" a toujours eu le souci de faire preuve de réflexion, de pondération et de responsabilité, conscient de représenter, non seulement le bécassier spécialiste mais également le bécassier occasionnel, qu'ils soient l'un ou l'autre adhérent d'une association ou indépendant.

Nous sommes une force de proposition, en tant que tels nous sommes écoutés et consultés, nous faisons désormais partie du paysage bécassier… autant que d'autres… mais différemment, car chez nous chaque association a statutairement sa place en conseil d'administration et son droit de vote. Quoi de plus démocratique?



Notre pays s'est engagé dans la voie d'une réglementation raisonnée des prélèvements par l'adoption d'un PMA modulable. Nombre d'excès sont périodiquement signalés, par internet, ou par la presse, dans tel ou tel paradis bécassier. Des règlementations censées préserver l'espèce existent souvent dans ces pays, leur respect est quelquefois plus aléatoire. Sans vouloir nous poser en censeurs ou en modèles, nous faisons remarquer que la solution PMA adoptée chez nous permet de modérer les excès sans limiter l'exercice de notre passion. Point n'est besoin de mesures extrêmes de limitation dans le temps ou dans l'espace, comme le préconisent certains, pour préserver notre oiseau dont la santé de l'espèce ne laisse pas de doutes. Sur la base de notre vécu, nous pensons que la mesure la mieux appropriée en ce sens serait sans doute l'extension au niveau européen du PMA tel que nous le connaissons, c'est ce que souhaite la FNC et c'est ce que nous appelons de nos voeux. Certes la tâche est rude et nécessite la volonté de chaque pays pour y parvenir. Mais ne nous y trompons pas, les solutions à la fois indolores pour les bécassiers et efficaces pour restreindre les excès envers l'oiseau sont rares, et l'extension d'un PMA à l'Europe n'est pas une piste à négliger c'est une ouverture hors de nos frontières comme notre  association la souhaite, mais qui ne peut  pas se faire au prix de renoncements contraires à nos principes fondateurs. C’est  dans cet esprit que nous avons répondu aux contraintes injustifiées d’adhésion à la FANBPO.



Hélas sur notre territoire, à la fronde anti-PMA qu'on a connu lors de sa création, fait suite la volonté de la part des fédérations départementales de chasseurs de rompre avec l'obligation du retour du carnet de prélèvement. Ceci nous parait particulièrement dangereux. Les avantages du carnet sont multiples, ils ne consistent pas seulement en un contrôle de terrain, ils permettent, si leur exploitation est correcte, un suivi de l'oiseau par le chiffrage des prélèvements, pour une esquisse de gestion future du cheptel en collaboration avec l'ONCFS. Mais ils permettent aussi par leur retour une sensibilisation des chasseurs aux problèmes de la bécasse ainsi qu’un dénombrement des bécassiers. Ce dernier point qui préoccupait déjà les auteurs anciens, est de plus en plus prégnant à notre époque où tout acte de chasse doit être justifié, ou pour le  moins expliqué. Les informations issues du carnet sont et seront dans le futur une donnée indispensable. Les supprimer serait porter un rude coup à notre chasse. "Bécassiers de France" entend bien à l'avenir défendre cet acquis avec la même constance qu'elle a défendu son adoption et sa mise en place.



 Car au service de la bécasse, notre détermination est grande et dépasse même  quelques fois  le cadre strict de l’exercice de la chasse, et nous aimerions, dans ces cas-là, sentir à nos côtés un appui solidaire venant d’instances cynégétiques ou  judiciaires afin que braconnage, tir à la passée, commerce illicite, soient définitivement rayés des chroniques de faits divers. Ce soutien peut faire défaut, l’AdB65 a eu récemment à déplorer cet isolement regrettable lors d’une action en justice dans laquelle elle a été seule à montrer la voie pour dénoncer un double trafic d’oiseaux. Elle en garde une réelle amertume.



Car au travers de certaines mesures que nous jugeons indispensables, c'est la pérennité de l'espèce que nous défendons, il est évident que sans bécasse il ne pourrait pas y avoir de bécassiers. Mais en parallèle, il ne faut pas perdre de vue qu'en l'état de conservation actuel de l'oiseau  jugé satisfaisant, le monde bécassier attend de nous également  une implication tout aussi forte dans la sauvegarde de notre passion.

Nous nous sommes impliqués dans la défense de la bécasse lorsque cela était nécessaire, par la mise en place du PMA, par notre contribution à la rédaction du document fixant le protocole de gel prolongé et, spécifiquement chez nous à "Bécassiers de France" par le document que nous avons baptisé la motion de Carcassonne qui nous permet de demander rapidement la modulation du PMA en fonction des aléas climatiques comme nous l'avons fait en 2010. Nous nous impliquons dans la fourniture de relevés de chasse, dans le baguage, dans le suivi de la croule, dans l'information des chasseurs, adhérents à notre association ou non adhérents, et notre cellule de veille a souvent montré son efficacité. Mais il est aussi de notre devoir de défendre ce que certains veulent nous enlever, cette liberté de battre les bois dans le respect d'une règlementation dont nous n'accepterons aujourd'hui aucune contrainte dont nous n'aurions reconnu l'impérieuse nécessité. Les bécassiers véritables sont, dans leur majorité devenus plus responsables, les dernières mesures de suspension ou de restrictions parfaitement acceptées peuvent en témoigner. Il serait donc temps de nous faire confiance. Nous rejetons donc toute mesure tendant à limiter notre activité telle que fermeture anticipée, ouverture retardée ou  généralisation de la limitation des jours de chasse qui serait injustifiée et mal venue surtout dans les départements où les rencontres avec la bécasse sont rares, les prises difficiles, mais largement compensées par le simple plaisir de prendre du temps à courir les bois.



Depuis quelques mois des réorganisations concernant l'environnement sont annoncées, envisagées, programmées, à l'étude, je ne sais quel est le terme qui convient le mieux, tant le discours qui les accompagne nous inquiète surtout si l'on veut y voir en filigrane l'ombre des ONG environnementales comme on les appelle, toujours prompte à miner notre édifice cynégétique. L'Agence de la Biodiversité un temps évoquée, fut ensuite enterrée avant de ressusciter récemment, le GEOC, Groupement d'Experts sur les Oiseaux et leur Chasse organisme très discutable du point de vue des chasseurs et d'une indépendance toute relative, qui faisait suite à l'Observatoire de la Chasse de la Faune Sauvage et de ses Habitats subit lui aussi le même phénomène de mort programmée et de résurrection soudaine. Ces changements, aux contours très flous, ne sont pas de nature à nous rassurer. Les chasseurs dans leur ensemble peuvent se poser des questions, plus encore les chasseurs de migrateurs souvent échaudés par le passé, et les bécassiers en particulier qui représentent sans doute, il ne faut pas se voiler la face, un maillon faible de la chasse car ils ne représentent qu'une minorité souvent trop silencieuse. Discret, un peu solitaire, isolé et même quelquefois rejeté dans le monde de la chasse, le bécassier est donc plus vulnérable que d'autres, raison de plus pour redoubler de vigilance. D’autant qu’un nom circule pour prendre la tête de l’Agence pour la Biodiversité, ce nom évoque en nous sectarisme, interdits et entrave à la chasse, c’est celui de Bougrain Dubourg.

Il est donc vital pour nous de voir loin afin de nous prémunir de réels dangers, et surtout de nous garder de tout angélisme. C’est dans ce sens qu’a réagi récemment Patrice Février président du CICB, le  Club International des Chasseurs de Bécassines. Nous, bécassiers, c’est aussi la voie que nous devons suivre, il sera donc du devoir de "Bécassiers de France" de faire encore preuve, à la fois, de réflexion, de cohésion, et de persuasion pour défendre au mieux notre passion en danger.



 Enfin, et pour terminer, puisque nous venons cette année de renouveler notre bureau et élire un nouveau président,  nous voudrions préciser un point qui nous parait important pour notre association: celui du rôle si particulier du président de "Bécassiers de France".

 J'ai présenté précédemment le caractère unique du fonctionnement de notre association, cette spécificité va de pair avec le rôle de notre président. La diversité qui fait notre force, lui demande  des qualités particulières d'écoute, d'analyse et de médiation. Aussi rassembleur, aussi fédérateur, aussi conciliateur que décideur, il doit harmoniser les idées, les propositions, les actions qui viennent de la base, car nos associations sont autonomes, je le rappelle et c'est important.

 Ce rôle délicat, Patrick l'a rempli complètement pendant douze années, toujours à l'écoute de tous, respectueux de chacun, harmonisant avec diplomatie tous les avis même divergents, en vue d'une décision unitaire. Il a toujours œuvré pour le développement et l'unité de notre association afin que BdF puisse toujours parler d'une seule voix.

 Cet esprit d'union et de respect mutuel qui a prévalu à la création de notre association, et dont tu as été, Patrick, le gardien durant quatre mandats, je ne doute pas qu'il guidera Robert ton successeur à l'avenir, car il est l'essence même de "Bécassiers de France".  

 



Discours introductif de

Jean Antoine Pecantet

Président ADB 65

Discours

Patrick Courget

Président sortant BDF

Rapport Saison

Pascal Repiton

Commission technique

Rapport Cellule de Veille

Daniel Vingdiolet

Michel Gentile

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